Jaune pâle

C’est la règle entre nous, nous nous donnons des contraintes, mais charge à nous de les suivre ensuite et d’écrire sur le même thème. Voici donc mon texte relatif au racisme. Tel quel, et sans prétention aucune de régler son compte à ce fléau. 

 

Premier jour de maternelle, je rentre en racontant à ma grand-mère que l’on m’a traitée de chi-noi-se, alors que je suis ni-çoi-se.  Sans doute, personne auparavant n’avait souligné mes yeux bridés et mes cheveux raides comme des baguettes. C’est sans doute une des rares fois où j’ai eu à souffrir du racisme, c’est dire si c’est une minuscule offense. Oh il y avait bien la copine qui m’appelait « ptit chinois » mais c’était affectueux.

A propos du racisme, il y a tant à dire, c’est l’occasion de tant de débats, Gawel l’a bien exprimé, et a pour moi dit le principal. Mais comme je me suis engagée à m’exprimer à mon tour, je vous fais juste part de quelques pensées ou réflexions sur le sujet. Rien de bien original et je vais sans doute enfoncer des portes ouvertes…

Quelques formules m’ont marquée, telle cette phrase de Simone Signoret, qui figure je crois dans un de ses livres, et qui dit à peu près « Vous avez pris un bon départ dans la vie, si chez vous, personne n’utilise les mots de nègre, bougnoule, etc… » parce que je pense qu’avant tout le racisme est une question d’éducation. Comment y résister si l’on a été élevé dans la peur de l’autre, dans sa détestation, et que ces sentiments haineux ont été basés sur la couleur de sa peau ?

J’ai en mémoire le souvenir d’un débat en classe tel qu’on en tenait pour exercer notre « éloquence » et développer notre raisonnement au lycée et qui avait justement pour thème le racisme. Ce sujet brûlant opposait une fille qui avait deux demi-frère et demi-sœur « café au lait » et qui était bien sûr contre toute forme de racisme et une autre qui vivait non loin du palais de Monaco. Tout ceci pour dire que celle qui défendait la thèse raciste avait sans doute eu maintes fois maille à partir avec les « problèmes de l’immigration ».

Cette peur de l’autre peut aussi se fonder sur d’autres critères, de nationalité,  de religion, et non seulement de race.  Je me souviens avoir lu un texte dénonçant des « voleurs de travail », dont on aurait pu croire qu’il avait écrit pour attaquer les immigrés de la fin du XXème siècle alors qu’en fait il se voulait le portrait des immigrés italiens arrivés à la fin du siècle précédent. « Les étrangers nous prennent nos places, nos emplois, nos fiancées » extrait d’une lettre d’un ouvrier produite par un député devant ses pairs à la fin des années 1880.  Car pour moi, racisme et xénophobie sont similaires ou presque.  

On craint ce que l’on ne connaît pas, on imagine ce qui n’existe pas, et certains s’appuient sur cela pour manipuler l’opinion, mettre en avant comme caractéristique première lorsqu’on relate un fait  divers la couleur de la peau de l’agresseur ou du délinquant. Ca alimente la haine et sert ainsi les intérêts des adeptes du « diviser pour mieux régner ».

Je déteste en général les généralités, elles érigent en vérités des idées préconçues, des a priori le plus souvent ridicules et erronés.

Avec le brassage des populations, qui de nos jours peut encore prétendre n’avoir aucun ancêtre de couleur, et quelle importance cela a t il ? En quoi cela rendrait cette personne là plus précieuse qu’une autre ? Chaque vie, chaque humain est l’égal d’un autre.

Ce sera mon mot de la fin, pour moi qui aime avant tout l’humain dans toute sa complexité, et son infinie variété. 

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