La boîte à musique * épisode 2

Rappel : « La boîte à musique » est une histoire écrite à 6 mains. Chacun a rédigé une partie du texte ci-dessous, à vous de trouver qui a écrit quoi.

Vous pouvez lire le premier épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/01/la-boite-a-musique/

Il n’a aucune idée de combien de temps il a passé dans le grenier. Il espère juste que ses grands-parents n’auront pas remarqué son absence et ne s’en seront pas inquiétés. Ils sont âgés à présent, et il les sent fragilisés.

Tout en courant, il réfléchit presque aussi vite que ses pieds martèlent le sol. Les questions se bousculent, il cherche à se souvenir d’où venait la boîte à musique, il l’a connue durant toute son enfance, mais est intrigué par les initiales V.C. qui l’ornent. Ce ne sont celles d’aucun membre de sa famille. Et cette fameuse clé, que peut –elle donc bien ouvrir ? Et surtout qui a les réponses à ces questions ?

Soudain pourtant, il ne pense plus à la boîte à musique, c’est parce qu’il passe devant le grand bâtiment qui a pris feu la veille, ce 3 mai 2005. C’était une briquèterie qui employait la moitié de la ville. Fort heureusement, bien qu’on ait été un mardi, les locaux étaient déserts. Une récente épidémie avait frappé la majorité du personnel, et il avait été décidé une fermeture sanitaire d’une semaine afin de désinfecter la totalité du matériel et du bâtiment. Là il ne sera plus besoin de désinfecter, le feu avait tout ravagé ou presque, expliquant la poussière ou plutôt la cendre qui s’était dispersée partout aux alentours et avait même pénétré le grenier.

 

Ses mains en étaient recouvertes. Il n’y avait prêté attention qu’en remarquant les traces de ses doigts sur le mot qu’il avait découvert. Il se demanda un instant si ces cendres n’étaient pas dangereuses, mais le mystère qui entourait la boîte le perturbait bien plus. Pourtant, la peur de l’épidémie se faufilait chaque jour un peu plus en lui, telle une ombre rampante. Et s’accentuait depuis que son grand-père toussait. Il y avait de plus en plus de malades, et de plus en plus d’incendies. La maison de retraite avait brûlé un mois auparavant, tout comme l’hôtel de la Place quelques semaines avant. Etaient-ce ces étranges incidents qui l’avaient poussé à pénétrer dans cette maison qui l’avait vu naître ? Il avait surtout eu peur qu’elle brûle sans qu’il puisse la revoir une dernière fois, sans qu’il puisse lui dire adieu, comme il lui semblait devoir dire adieu à l’enfant qu’il n’était déjà plus tout à fait.

Il ralentit en entrant dans la rue où vivaient ses grands-parents, il préférait mener l’interrogatoire que le subir. La boîte à musique représentait un atout, l’as qu’il garderait dans sa manche avant de l’abattre en cas de réponse trop évasive. Le silence de sa mère sur sa petite enfance et le départ son père l’avaient contraint depuis longtemps à questionner ses grands-parents sitôt que l’occasion se présentait. Il avait acquis au fil des années de véritables qualités de détective, du moins en était-il convaincu. Il était patient, et rusé. Mais quelque chose en lui murmurait qu’il ne devait pas trainer cette fois. Il était convaincu que la toux de son grand-père n’avait rien à voir avec l’épidémie, même si l’inquiétude de sa grand-mère ne le laissait pas indifférent. Ce qu’il redoutait le plus était de devoir quitter la ville et abandonner ainsi tous les indices et toutes les pistes qui auraient pu le mener jusqu’à son père. Le travail de sa mère se faisait moins lucratif chaque mois, et la menace d’une maladie étrange dont on ne savait pas grand-chose et qui rendait les gens tendus et nerveux les avait amenés à aborder le sujet au dîner quelques jours avant.

Il arrivait enfin. Une voiture qu’il ne connaissait pas était garée négligemment devant le portail d’entrée. Ses inquiétudes et ses questions s’évanouissaient à mesure qu’il gravissait les marches du perron une à une. Il en oublia la boîte à musique une seconde, alors qu’il tournait la poignée de la porte et pénétrait dans la maison.

 

Deux personnes, un homme et une femme, habillés de manière un peu trop « officielle » pour être des amis se tenaient debout dans le couloir. Ils étaient tournés vers ses grands-parents, et une grande discussion semblait se tenir.

Ils n’avaient pas encore remarqué la présence de l’enfant, qui put entendre alors la fin de la phrase :

« Comme vous le savez, votre famille DOIT absolument être transférée en lieu sûr »

Cela sentait le départ précipité… En lieu sûr par rapport à quoi ? Et pourquoi notre famille ? Qu’a-t-elle de si spécial pour que des personnes importantes – ou tout du moins qui ont l’air de l’être – veuillent la mettre à l’abri ?

Alors dans ses interrogations, le garçon ne prit plus les précautions pour ne faire aucun bruit, et se fit remarquer d’un grincement de lattes de parquet…

« Raphaël, tu es rentré ? » s’exclamait Grand-Mère qui semblait inquiète de toute cette situation. Difficile d’ailleurs de savoir si ce qui l’inquiétait était l’absence prolongée de son petit-fils, le départ précipité annoncé, ou le fait que le petit ait pu entendre la conversation…

L’homme en costume prit à son tour la parole.

« Tiens, Raphaël, nous t’attendions justement ! Je crois que tes grands parents ont à te parler. Installe-toi !

— Qu’est-ce qui se passe Grand Père ? Vous me faites peur !

— Ne t’en fais pas ! indiqua le Grand Père, il s’agit de simples mesures de sécurité, je vais t’expliquer. Tu es au courant des récents évènements qui ont eu lieu dans la ville, il semblerait que l’on ne soit plus vraiment hors de danger ici… »

Il eut une quinte de toux qu’il tenta de contenir, en vain, avant de reprendre :

« Pour des raisons que je ne peux t’expliquer tout de suite, notre famille doit être mise à l’abri. C’est pourquoi ces deux personnes sont là, elles sont venues nous chercher. »

Il fit une courte pause avant de reprendre.

« Ecoute-moi, cela ne va pas être facile, mais il va falloir que tu ailles rassembler très rapidement les affaires qui comptent le plus pour toi, nous ne savons pas encore quand, ni si on reviendra ici. Tu n’auras pas non plus le temps de dire au revoir à tes copains, il faut qu’on soit partis d’ici une heure. »

Raphaël, acquiesça sans dire un mot. Il comprit rapidement qu’il n’y avait pas le temps ici pour les questions et que cela ne servirait à rien de résister. Il se contenta d’aller dans sa chambre pour y trouver les choses dont il ne pourrait se passer. Cela s’annonçait difficile…

 A suivre…

 

 

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