La boîte à musique * épisode 4

Rappel : « La boîte à musique » est une histoire écrite à 6 mains. Chacun a rédigé une partie du texte ci-dessous, à vous de trouver qui a écrit quoi.

Premier épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/01/la-boite-a-musique/

Deuxième épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/13/la-boite-a-musique-episode-2-2/

Troisième épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/27/la-boite-a-musique-episode-3/

 

 

Il s’agissait d’une femme, semblerait-il la gouvernante de la maison. Elle n’avait pas l’air surprise de l’arrivée de la petite famille. Surement était-ce le maître ou la maîtresse de maison qui avait fait venir les « officiels » pour les emmener ici…

Elle les mena alors dans l’entrée de la maison alors que l’homme et la femme en costume s’occupaient de leurs bagages. En entrant, Raphaël ne put s’empêcher de remarquer l’écusson placé au-dessus de la vaste porte…

V.C.

Il s’agissait des mêmes initiales que celles qu’il y avait sur cette boîte à musique. Son cœur s’emballait alors, tout était surement lié, ce ne pouvait être une simple coïncidence. Mais pourquoi maintenant ?

Il n’eut le temps que de se poser la question puisqu’il a été extirpé de ses pensées par le son de l’horloge qui sonnait 20 heures. Brusque retour à la réalité, il se mit alors à observer cette maison, ou devrait-il dire, ce manoir.

C’était exactement comme dans les livres qu’il avait pu lire. Une pièce énorme en guise d’entrée, des tableaux accrochés au mur (quoi que ceux-ci ne représentaient pas des portraits, mais de l’art contemporain), deux grands escaliers de chaque côté, d’immenses fenêtres.

Dans ses livres, lorsqu’on arrivait dans ce genre de maison, ça se finissait souvent mal… Pour la première fois, Raphaël espérait que la fiction qu’il aimait lire, ne soit pas une réalité.

Ses grands parents ne montraient aucunement ce qu’ils ressentaient, il les soupçonnait d’être inquiets, voire apeurés mais de le dissimuler pour ne pas l’effrayer. Pour le moment, ils semblaient être traités en invités plutôt qu’en otages.

Un homme de grande taille, en uniforme de valet tel qu’on voyait dans les vieux films, vêtu d’un gilet cintré et rayé sur chemise blanche, pantalon noir vint les chercher pour les conduire à l’étage. Il leur ouvrit la porte de leur chambre où leurs bagages se trouvaient déjà défaits. Leurs vêtements étaient suspendus dans de vastes penderies, comme s’ils allaient demeurer là très longtemps.

Raphaël examina attentivement chaque détail de chaque meuble qui se trouvait dans cette immense pièce. Il sursauta lorsque le valet referma la porte derrière lui en donnant un tour de clé. Voilà, on y était, il n’était plus question de se sentir seulement invité… Il eut envie de pleurer et dut se raisonner pour ne pas le faire, il se sentait bien seul tout à coup et démuni. Il continua son examen minutieux afin de se distraire de son angoisse.

Il cherchait inconsciemment trace des initiales aperçues au fronton de la bâtisse, et gravées sur la boîte à musique.

Il repensa à la clé joliment travaillée qui se trouvait toujours dans son sac à dos. Y avait il une chance infime pour qu’elle ouvre une serrure quelque part dans la maison ? …

Les questions se pressaient, toujours plus nombreuses dans sa tête, et aucune réponse pour le moment ne semblait devoir y être apportée.

Il comptait sur l’arrivée de sa mère pour l’éclairer, mais une terreur sourde naissait en son ventre quand il s’interrogeait sur le sort qui lui avait été réservé. Où pouvait-elle bien être ? Et pourquoi donc avait-elle pu choisir de venir les rejoindre quand elle le pourrait alors qu’ils avaient presque été enlevés lui et ses grands-parents. Décidément, peu importait dans quel sens il tournait ses problèmes, il ne percevait aucune explication. Et le silence de ceux qui les avaient amenés ici comme de ceux qui les avaient accueillis ne permettait aucune conjecture.

Il se félicita d’avoir gardé avec lui le sac-à-dos qui renfermait la boite à musique. S’il ne savait pas en quoi elle était liée à cette bâtisse, il ne doutait pas qu’on la lui aurait confisquée aussitôt qu’on l’aurait découverte. Quelque chose lui disait qu’avec cette boite il disposait d’un atout, s’il ignorait encore en quoi elle l’était, il ne souhaitait pas la leur céder aussi aisément. Il se rapprocha de la porte en tapinois et y colla son oreille. Rien, aucun bruit. Il revint jusqu’au lit aussi discrètement qu’il le pouvait, extirpa la boite de son sac et, non sans l’avoir serrée sur son cœur sans même y prendre garde, il l’enfonça aussi loin qu’il le pouvait sous le matelas. C’était une cachette ridicule, il en avait conscience. Mais c’était la seule dont il disposait pour l’heure et il décida de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Ainsi rassuré, il décida d’étudier la pièce. Le plafond était haut et orné de moulures. La tapisserie, les meubles, le parquet, étaient de teintes sombres et nobles. Le tout formait un ensemble classique certes, mais sans être désuet et si cela ne représentait en rien les goûts du préadolescent en matière de décoration, il était forcé de reconnaître la beauté froide et hautaine de la pièce. Bien que paraissant à première vue d’époque le mobilier était neuf pour ce que Raphaël pouvait en juger. Leur « hôte » ne manquait pas de ressources, ce décor bourgeois n’était pas une mascarade. Dans un geste machinal il écarta les rideaux d’une des deux grandes fenêtres. La lumière baissait à présent, c’est pourquoi il ne vit pas tout de suite l’homme en costume qui marchait dans le parc, une cigarette à la main. Une de ses mains était sur son oreille. Il téléphonait. Raphaël ouvrit la fenêtre aussi silencieusement qu’il le put.

–       Oui Monsieur nous sommes arrivés. […] Dans les chambres. […] Bien sûr Monsieur, si vous le jugez nécessaire, mais si je peux me permettre… […] Très bien Monsieur, je comprends. Au revoir.

L’homme raccrocha et se retourna pour rejoindre la bâtisse. Il leva les yeux et rencontra le regard de Raphaël. Ce regard surprit l’enfant. Il ne recélait aucune colère, au contraire, celui-ci cru un instant y déceler de la compréhension, de la lassitude peut-être aussi, mais surtout de la douceur.

Il n’était pas impossible qu’il y est dans cette maison quelqu’un qui puisse être un allié.

 

A suivre

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