La boîte à musique * épisode 5

Rappel : « La boîte à musique » est une histoire écrite à 6 mains. Chacun a rédigé une partie du texte ci-dessous, à vous de trouver qui a écrit quoi.

Premier épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/01/la-boite-a-musique/

Deuxième épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/13/la-boite-a-musique-episode-2-2/

Troisième épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/04/27/la-boite-a-musique-episode-3/

Quatrième épisode ici : https://ecritscroisesmotslies.wordpress.com/2014/06/06/la-boite-a-musique-episode-4/

 

L’homme rentra dans la bâtisse. Il n’y avait plus rien d’intéressant à observer. Raphaël s’éloigna donc de la fenêtre.

Un minuscule angle de carton blanc dépassait du moelleux tapis de laine sur lequel le lit imposant trônait et attira son regard. Raphaël le tira à lui, et découvrit une sorte de badge cartonné et y déchiffra des initiales V.C.G. (cette dernière était nouvelle par rapport à celles qu’il avait précédemment observées sur la boite à musique et sur le fronton de la maison) et en dessous le mot « cybercriminalité » suivi d’une série de chiffres. Il se demanda qui avait bien pu avoir la négligence de l’égarer là et de laisser ainsi un précieux indice. Il n’eut pas le temps de mener plus avant sa réflexion. Il se contenta d’enfouir le badge dans une poche intérieure de son sac à dos qu’il appelait sa poche secrète. Il avait coutume de l’appeler ainsi pour plaisanter, mais n’avait jamais eu l’occasion d’y cacher un indice ou un vrai secret.

Se trouvant désœuvré à nouveau, il tenta de guetter les bruits à l’extérieur de la chambre.

Ce n’était pas chose aisée étant donné l’épaisseur de la porte massive et capitonnée. Il entendit tout de même quelques bribes de phrases. « Arrivée… tard …. Nuit. » Il parvint à reconnaître la voix de l’homme qu’il avait surpris en train de téléphoner, mais sans comprendre à qui il s’adressait. C’était une voix féminine, semblait-il.

Il eut à peine le temps de s’éloigner en entendant des pas lourds approcher que la clé tourna rapidement dans la serrure et que la porte s’ouvrit à la volée. C’était toujours le même homme qui entra et lui demanda de le suivre.

Ils descendirent le vaste escalier de marbre intimidant, on se serait vraiment cru dans un musée et le faible éclairage ne faisait qu’ajouter à la frayeur de Raphaël.

Il fut grandement soulagé en voyant qu’on l’invitait à s’asseoir à la table où le couvert pour le dîner était disposé et surtout en y retrouvant ses grands-parents. Ceux-ci ne montraient toujours pas leur crainte si toutefois ils l’éprouvaient. Le couvert était mis pour six personnes. Il se demandait qui seraient les autres convives. Des « otages » comme eux ou d’autres personnes ?

Raphaël n’osait briser le silence qui l’écrasait malgré les dimensions colossales de la pièce. Tout cet espace le rendait mal à l’aise. Ses grands-parents, s’ils n’avaient pas l’air inquiets, semblaient fuir son regard. Il se concentra donc sur les détails de la pièce, comme pour mieux en appréhender l’ensemble.

Les couverts étaient lourds et nombreux autour de son assiette, cela ne le déstabilisait que plus. Il ignorait tout de ces règles de bienséance auxquelles il n’avait jamais prêté une grande importance. Il ne leur prêtait guère plus d’importance aujourd’hui, mais regrettait d’avoir à étaler son ignorance devant des inconnus, dans un endroit qui lui était étranger.

Les mystérieuses initiales ornaient la vaisselle, les ronds de serviette et les centres de table, semblant le narguer. Il releva la tête vers les moulures et les symboles qui ornaient le plafond et paraissaient se reproduire à l’infini jusqu’aux lointaines limites de la pièce. De grands miroirs ornaient les murs, entre les nombreuses fenêtres aux volets clos, et l’agrandissaient encore dans une mise en abime qui le faisait se sentir minuscule.

Sur le mur opposé s’étalait une fresque représentant la demeure ainsi que diverses saynètes. Dans l’une d’elles, un jeune homme offrait une boite à musique à une jeune fille. Une boite à musique frappée du même sceau.

Raphaël fit de son mieux pour dissimuler son trouble. D’un air innocent, il balaya la pièce en sens inverse, guettant les réactions de ses grands-parents et de l’homme qui était resté près de la porte, dans le grand couloir.

Si ses grands-parents n’avaient rien remarqué, l’homme le regardait d’un air scrutateur, une étrange expression dans les yeux. Il était impossible de savoir s’il avait saisi la surprise du garçon. Celui-ci, espérant détourner son attention lui demanda où étaient les toilettes. Il y vit par la même occasion un moyen de tester les limites de mouvement qu’on lui accordait. L’homme lui permit de se lever et de s’y rendre. Elles étaient au milieu du couloir, au bas de l’escalier, situées entre la sentinelle qui ne le quittait pas des yeux et l’immense porte par laquelle ils étaient entrés dans la demeure. On y accédait par une sorte d’alcôve en vieilles pierres qui devaient être antérieure au reste de la bâtisse. Deux portes s’y trouvaient. Une de facture récente bien qu’en bois noble et luxueux, une autre en bois mat, ouvragé, qui paraissait bien plus ancienne. Dissimulé aux yeux de l’homme, Raphaël en actionnât délicatement la poignée, mais elle était fermée à clé. Percevant du mouvement à l’étage, il s’empressa de rejoindre les toilettes où il fit fonctionner la chasse et le robinet pour ne pas éveiller les soupçons.

Lorsqu’il ressortit dans le couloir, des pas se faisaient entendre dans l’escalier, il se hâta de rejoindre sa place autour de la grande table sans se retourner. Il eut à peine le temps de s’asseoir avant qu’un garçon un peu plus vieux que lui ne fasse son entrée dans la salle à manger.

Il ne put s’empêcher de d’abord penser qu’il n’était finalement pas seul ici, que ce jeune garçon serait surement un allié, même s’il n’avait pour l’instant pas d’ennemi.

Et puis il finit par remarquer l’aise du jeune homme, à quel point il semblait être à sa place ici, pas du tout perdu comme Raphaël.

Il adressa à l’assemblée un « Bonsoir, Messieurs Dames », avant d’aller se placer à table, devant la chaise, à la place qui se trouve en bout de table, la place du chef comme on l’appelle.

Raphaël était décontenancé, il s’attendait à tout sauf à ça. Un tas de questions se bousculaient alors dans sa tête. Ce jeune homme était-il le maître de maison ? Avait-il commandité tout ça ? Il se sentait encore plus petit qu’il ne l’était déjà. Seule la voix du jeune homme vint briser le silence pesant…

« Bienvenue ! J’espère que votre voyage s’est bien passé et que vous êtes bien installés ! Je pense que nous allons nous côtoyer pendant un certain temps, donc autant commencer par les présentations.

Je suis Frédéric, je suis né et ai grandi dans cette maison. Vous avez surement beaucoup de questions, mais je vous propose tout d’abord de partager ce repas ensemble… »

Il s’assit alors et fit signe à l’homme resté près de la porte de lancer le dîner…

 

A suivre

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